It’s the end of the world as we know it
May 13th, 2009Mais j’ai si peu d’appétit que je n’en dirai rien.
Au pire, on meurt.

Mais j’ai si peu d’appétit que je n’en dirai rien.
Au pire, on meurt.

Avis à la spectrale populace qui s’aviserait encore de souhaiter participer à ce qui tient lieu ici-bas d’écosystème, le temps d’un commentaire fugace qui me confirmerait l’inaccessibilité de mon asymptotique ascension vers le néant.
(J’ouvre au passage une parenthèse, pour contenir l’émoi qui me secoue toujours après quelques minutes d’arrêt quand je me suis constaté corrigeant une grammaire naturellement indocile, comme elle pousse ici, flagorneuse par nature, et la tailler aux critères que j’estimai nécessaires à le bonne compréhension de l’idée.
Or l’idée, entre nous…
Ces longs mois d’abstinence m’auront déshabitué de moi-même.
Je garde la phrase telle que corrigée, pour la surprise que me procurera incessamment la présence incongrue de cette proposition - là, j’ai ouvert un site spécialisé pour m’aider à qualifier ce que je tente de vous communiquer et je n’arrive pas, après dix minutes de recherches, à identifier la nature ni la fonction du groupe de mots dont je parle, c’est assez troublant, je me demande si je n’aurais pas un peu révolutionné la languefrançaise, ni vu ni connu - bref, je vieillis.)
Je n’ai pas trouvé l’option qui me permettrait d’effacer tous les commentaires que je suis censé modérer et qui se sont accumulés en mon absence à un point tel qu’il serait fallacieux d’estimer pouvoir les supprimer ne serait-ce que page à page.
Les plus pervers commenteront donc à plus-soif, assurés de l’absolue inutilité de la démarche.
“Quel mauvais homme je fais.
Pitoyable, insignifiant.
Que je me méprise, mon dieu !”
Sont-ils cruels, les personnages de Tchekov…
Et si insidieux.

De tout ce qui serait censé composer la matière de cette entrée, je ne trouve, pris par l’urgence de mon émerveillement soudain, qu’à vous avouer, meurtri plus qu’honteux que je l’expédie, et c’est une première, depuis Internet Explorer.
Non sans me voir confirmer qu’en toute objectivité - mais voilà bien un usage dont je ne me soucie guère, je veux dire dans la mesure où elle ne prend pas en compte mes propensions naturelles, quoi qu’assumées pleinement par l’absolue conscience que je cultive de mon être, à la mauvaise foi en tant qu’instrument de définition nette d’une typographie - Google chrome est une pantalonnade.
On ne peut pas à proprement parler de démons. Mais je suis hanté.
D’abord, prenant prétexte d’un état flottant, je me suis jeté sans rémission dans le loisir le plus vulgaire, le plus sombre, me confirmant à l’occasion des quelques secondes de lucidité qu’il m’autorise à vivre encore quelle attirance incoercible exerce sur ma psyché la compulsion.
Comme je fume…
Et puis par quelques fantômes qui se permettent avec un culot outrageant de venir me parler d’ici-bas, ce que je pardonne à peine, tant cet endroit n’a de valeur que dans le respect ascétique de l’ignorance qu’on est supposé en avoir, et que je n’excuse plus du tout quand non content de me signaler qu’on sait que ça existe, on vient me donner son avis, voire des conseils…
Je n’interdis personne de me lire, souhaitant atteindre mon objectif sans employer de méthodes fascistoïdes, en usant jusqu’à la corde la patience des plus gluants d’entre vous par des pauses savamment orchestrées d’un mois comme celle dont on sort à peine, et qui n’empêchent pourtant pas la horde de mes lecteurs invisibles de se manifester, en manière d’assistance respiratoire.
Qu’en toute bonne foi lassé de savoir ou médiocrement solidaire de mes petites éclaboussures, poussé céans par une espèce de quotidienne affection dégueulasse, vous arpentiez mes plates-bandes, je ne saurais vous en tenir rigueur. La tyrannie n’a de valeur que par l’existence d’une résistance.
Mais qu’on ait le toupet de critiquer mes balbutiements, je ne l’autorise pas. Tirez ce que vous voulez de ma production, mais n’espérez pas me transmettre jamais d’autre ambition que celle de vous tenir chaudement enveloppé de brouillard.
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Avant de reprendre mes jurons, et mon chemin et ma chanson…
Viva Vialatte !
Ah merde, tout de même, l’extase, c’est bon.

Je m’étais rassasié d’avance à l’idée de ne poster qu’un commentaire, et puis m’apercevant concomitamment de l’excessive vanité de l’exercice d’une part et de l’enflure statistique induite par cette démarche, j’ai préféré y aller franco et déballer d’un coup mon sac à vomi.
Il y a des mots, comme ça, que je n’emploie jamais sans un soupçon de dégoût.
Le mot crotte, par exemple, me débecte au plus haut point.
Faut dire qu’il est dégueulasse comme la merde ne le sera jamais, pas plus que la gerbe, du reste, qui vous a quelque chose de fleuri, au fond.
Mais le vomi, vraiment, je ne l’emploie que quand je cherche à produire - au moins chez moi, mais vous croyez donc que j’écris pour quelque autre ? - un choc brutal.
Je ne peux pas dire que je déteste être malade. Au fond, j’aurais même tendance (comme partout, me diriez-vous si votre absence ne vous interdisait pas tout de bon de mettre à profit votre arrogant à-propos) à m’y complaire.
Mais quand les soucis causés par mon corps commencent à ne plus pouvoir se dissimuler, je m’insurge.
Je veux dire, j’en souffre.
Je ne vois pas bien auprès de qui j’irais m’en insurger, moi qui considère le monde comme exclusivement innocent, de mes malheurs, d’abord, mais même de ceux des autres, et qui pardonne à peu près tout sauf les plaintes.
Alors si ça n’est pas sain, sans doute, au moins, c’est logique, je souffre donc sans m’en plaindre de cet épisode alarmant qui me plonge dans des abymes de stupeur et m’amène à me satisfaire de cette sorte de statut de survivant héroïque auquel les circonstances m’acculent.
L’incertitude pour moteur, je l’ai expérimentée déjà voici quelques mois, dans des conditions d’inconfort extrême auxquelles je rends grâce aujourd’hui de m’avoir enseigné tant de choses, mais quand on a la chance de la vivre dans un tel état d’euphorie, c’est une véritable bénédiction.
Je me sens un peu comme Klinsmann quand il doit laisser Podolski sur le banc parce qu’il est bien obligé de titulariser Klose et Luca Toni.
Je peux pas décemment parler de problème. Même qualifier la situation de difficile serait indécent.
D’ailleurs je la cultive en toute innocence, certes, mais ne peut-on percevoir derrière le refus de m’engager malgré les circonstances excessivement favorables qui me sont offertes une forme de perversité sordide qui plonge de fait ma partenaire dans le même abîme de douce perplexité où je me complais moi-même ?
Aujourd’hui, tout de même, elle m’a fait bander.
Pourvu qu’elle s’en soit aperçu ! A force de me refuser à lui donner le baiser qui semble presque écrit depuis notre rencontre (je vous emmerde, moi en tous cas, je l’ai lu), elle va finir par croire que le locataire du sixième est une pédale, une tante, un inverti, un pédé !
Or j’aimerais passer encore avec elle plus d’une journée particulière.

“C’est ce malheureux logement que j’ai là, en face !
Je ne peux pas sortir sans regarder vos fenêtres et j’entre ici… machinalement,
Sans même savoir ce que j’y viens faire !”
“Je n’ai rien à me dire.”
“Je crois qu’il vaut mieux que nous en restions là”
“Bonne nuit, cher monsieur”

Est-ce que finalement ce doute qui subsiste dans la poursuite de l’accomplissement d’une tâche n’offre pas le luxe suprêmement ambigu du confort ?
Que reste-t-il de plus à Hussain Bolt quand il franchit la ligne ?
Une médaille d’or ? Un record du monde ? Qu’aller quérir alors ?
Tant que le but reste à atteindre, on se satisfait quotidiennement de chaque centimètre conquis, la perspective nous pousse vers le “présent d’incarnation” (c’est de Pennac, ce joli collage, un souci suspect de conscience me pousse à risquer cette incartade incongrue dans le concret).
Alors pourquoi vouloir atteindre le but quand l’effort est si délicieux ?
Dans quelle mesure suis-je inconsciemment guidé par cette certitude quand je choisis de la serrer dans mes bras au lieu de lui prendre la bouche ?
Est-ce que j’ai peur, tout simplement, comme un con de gosse, pourtant expert en ratissage, côté jardin, qu’elle me la refuse ?
Est-ce que je ne la désirerais pas, au fond, sa bouche ?
A cette question-là, je réponds, parce que je me connais, que sous l’effet de certaines émotions, le désir peut beugler comme une parturiente, on ne l’entend pas.
Ou est-ce que je sens confusément, incarné dans l’instant, que c’est ce dont j’ai envie, incoerciblement ?
