Et moi je veux qu’on me fiche la paix !

June 18th, 2008

C’est joli, ficher… Ça vous a un air policé désuet qui mérite bien une cédille majuscule.

En fait, je vous contacte pour une masturbation.

S’il y a bien une pratique dans laquelle je m’évade pleinement, c’est l’onanisme ! Plus que le simple plaisir de m’admirer, je goûte avec moi-même les interactions les plus vives.

Je m’engueule, je me console, je me distrait, je me gronde, je me fais rire… c’est délicieux, ma propre compagnie m’enchante. Adam était bien compliqué…

Or ici plus que nulle part ailleurs, je m’amuse follement de ma volubilité, j’en jouis jusqu’à ce qui caractérise d’ailleurs précisément l’orgasme masturbatoire ; l’extase totale. Puisque libérée de toutes ces contraintes qui vous mettent face à un public, des responsabilités, voire un devoir parfois, bref, les névroses ordinaire d’un quotidien sexuel désabusé.

Comme ici. Pas encombré par la menace de mon hypothétique lectorat, de la note qu’il pourrait me rendre et dont j’ignorerai tout puisque d’une part, vous n’existez pas et que de l’autre, je ne vous dois rien.

Que le vide, c’est vrai, revenons-y (Vous avez remarqué comme en bon français on met des traits d’union partout ? J’ai bien essayé de tenir, suite à ma sortie idiote sur l’aspiration du six mais j’ai trouvé mieux qu’une allumette, je n’ai pas l’excuse même de la flemme pour justifier cet énième renoncement) :

Je suis comblé

Spécialiste en tout

May 18th, 2008

And I can’t even cry…

Rien

L’intransigeance

May 9th, 2008

Quand on pense se connaître, maître qualifié mais vacillant de ses tentations, potentiomaître pour ainsi dire (sans trait d’union, comme il se doit, la science du néologisme, permanente pataphysique, autorisant à penser d’abord aux choses auxquelles on pense que les autres ne penseront pas - et mon clavier troué ne m’autorisant plus désormais à employer le tiret qu’en circonstances uniques), reste à se mettre d’accord.

Pour retrouver une route plus adéquate à mon tempérament, il faut d’abord que je me carre le pied au cul. D’où ma renâclance à la qualifier de naturelle… Mais la nature fait la part belle au hasard et il est temps de mettre un peu d’ordre dans mon train de vie.

Quand on ignore l’objectif, l’essentiel est de garder le cap, c’est encore le meilleur moyen d’arriver quelque part.

Demain c'est loin

Today your love, tomorrow the world

May 7th, 2008

Trop longtemps tenu éloigné de mes plates-bandes naturelles par le commerce vicieux de médiocres et interminables tourments, l’œil au baromètre, quoi qu’encore dubitatif sur les causes climatiques de l’embellie, je règle mon discours sur l’humeur que m’offre enfin le repos nécessaire à la perception du vide.

Observons ensemble quelques moments sa présence exacte.

Ma tête est malade

Il n’exige que de pratiquer l’usage appliqué du temps.

Capitulons

May 6th, 2008

Vous autres, hommes à la mode, vous n’êtes que des confiseuses déguisées.

Partout faible, de la vie telle qu’elle m’est chère, je renie à peu près tout.

C’est pas que le vernis qui craquelle par pans entiers maintenant ait jamais été bien brillant, mais on découvre dessous des secrets qui auraient gagné à rester inavoués.

Et ma faiblesse est telle (je mesure avec exactitude, féru de sa pratique) que je n’arrive même plus à m’en protéger. Simplement, elle m’agresse et me pèse.

Je ne me couche pas pour ça.

Et je ne peux même pas me demander pourquoi…

Le temps du perlimpimpin

(Ou pas)

April 28th, 2008

Confus, palpitant, frémissant, incertain, je m’en vais.

Bonne nuit, mon cher monsieur.

En rouge et noir ?

Kyrie

April 27th, 2008

Célimène
Je sais combien je dois vous paraître coupable,
Que toute chose dit que j’ai pu vous trahir,
Et qu’enfin vous avez sujet de me haïr.
Faites−le, j’y consens.

Alceste
Hé ! le puis−je, traîtresse ?
Puis−je ainsi triompher de toute ma tendresse ?
Et quoique avec ardeur je veuille vous haïr,
Trouvé−je un cœur en moi tout prêt à m’obéir ?

Osez dire après ça que Molière n’a pas tout compris…

Enfin… pour moi, Célimène acceptera sa proposition. Elle partira quelques jours plus tard se jeter pour une escalope dans le lit du boucher.

Mais c’est le temps qu’il fait, sans doute…

Du calme

Un titre

April 26th, 2008

Ataraxie

Je ne sais pas exactement combien de temps j’ai à perdre. Alors je commence par l’image, pour être sûr de ne pas l’oublier après, pris de cours, dépassé par une urgence imprévue, appelé par une sirène convenue en attendant avec angoisse la stridence que seule j’espère.

Je cherche à tout prix la sérénité. Où l’ai-je trouvé, déjà ? Dans le sommeil, à l’évidence. Dans ce moment très rare qui le précède aussi, et les premiers instants d’un réveil affranchi. Ici, je l’avoue, absorbé, malgré tout, malgré le vice, la distance, cette saloperie d’humour, là…

MIND THE GAP

MIND THE GAP
Pas par là

Plouf.

Je me suis juré de le pousser jusqu’à l’alerte et de planter tout là aussi sec. Me voilà contraint par la promesse invisible que je me suis faite à poursuivre en territoire inconnu.

L’avantage, quand on s’arrête à la fin, rendu esclave pas même de soi, juste des morceaux les plus creux, les plus ineptes, les plus pâles, c’est cette griserie extatique où nous plonge le joug caressant de notre flemme.

Je ne sais pas si je dois…

Je dois.

Comment ça se fabrique

April 23rd, 2008

Combien de temps encore ?

Le voilà, le mur. Dans mon nez. Plus qu’un confort, déjà, plus qu’une facilité. Déjà les nœuds ordinaires, les compromissions, les minima.

On s’endort déçu, impotent, soumis, désespéré. Au réveil, immédiatement, le premier geste est faux, la première pensée injuste. Et qu’est-ce que je lui reproche, au fond ? De n’être pas ce que je la sais pourtant bien incapable de devenir jamais ?

Je n’ai simplement plus l’énergie de faire ce qu’il faudrait faire. D’être drôle encore, encore libre et chaleureux, sans arrière pensée. Vivant. Partout des obstacles, des doutes, des déceptions, des craintes…

Quelle misère !

Quand on commence à réfléchir de travers, comment s’en tire-t-on ? Comment revivre ? Je n’arrive qu’à me décourager tout à fait pour ne pas souffrir au moins de l’indécision, de l’incertitude.

Pour essayer une dernière fois, oublions-nous, déjà. On verra après où ça nous mène.

Deux en un

Poulet à la moutarde, à l’estragon et aux champignons

April 11th, 2008

Qu’est-ce (c’est le dernier tiret dont je me servirai jamais ici, portons dignement son deuil) qui va faire le plus de sens ? Cette sorte de manipulation visqueuse qui m’entraîne sur les chemins de l’anticonceptualisme, comme pour mieux souligner, dans la plus ordinaire des symboliques, la pureté de mon sentiment.

Ou ceci, le témoignage plus fidèle d’un tempérament raffiné jusqu’à la perversion qui partout s’exclame et se retrouve soudain muet à force d’avoir trop usé sa langue.

Déçu déjà, incessamment rationnel, lâche et fuyard, vantard et impuissant, complaisant et portant comme un haubert blindé sa peur et son inquiétude. Puisqu’il paraît impossible de réussir, il se dit qu’il vaut mieux se préparer tout de suite à la défaite. C’est plus simple.

Et puis ça évite les déceptions, les vraies, les peines, les douleurs, les souffrances inhabituelles qu’il envie tant sans se donner jamais l’occasion de les vivre.

Voilà qu’elle se présente.

Quand la vie ressemble à un mur, il faut continuer quand même à courir.

Infini/Rien